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Accueil Nappes du Roussillon > Grands enjeuxUne eau de bonne qualité mais vulnérable

Une eau de bonne qualité mais vulnérable

 

L’eau souterraine du Roussillon est naturellement d’excellente qualité, et souvent potable sans traitement. Néanmoins, des pollutions ponctuelles ont été détectées, et nécessitent une action collective pour restaurer la bonne la qualité des nappes.

Naturellement pure

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Fontaine de Brouilla

L’eau des nappes du Roussillon, filtrée par les sables du sous-sol, est naturellement d’excellente qualité. La présence d’une eau de cette qualité en Méditerranée est une chance, d’autant plus qu’elle a de nombreux avantages comparée aux eaux superficielles : disponibilité partout, meilleure qualité, moins de traitements nécessaires donc coûts d’exploitation réduits, meilleure recharge hivernale, peu d’impact sur les milieux aquatiques.

L’aquifère profond du Pliocène est généralement de meilleure qualité que les nappes quaternaires, car il est protégé de la surface par d’épaisses séries argileuses. Les eaux plus superficielles des nappes quaternaires sont moins protégées, donc potentiellement plus vulnérables aux pollutions.

Des pollutions ponctuelles

 Exemples d'utilisations de pesticides en espaces verts - JPEG - 23.3 ko
Exemples d’utilisations de pesticides en espaces verts
photo Michel Castillo, CG 66

Malgré cette bonne qualité globale, le réseau de suivi de la qualité a permis de détecter trois types de polluants dans les nappes quaternaires et pliocènes :

  • Pesticides  : ils proviennent majoritairement de l’agriculture, mais aussi des espaces verts et des particuliers. Des produits interdits actuellement en France sont régulièrement retrouvés dans les eaux (triazines), bien que ne dépassant que rarement les normes de qualité.
  • Chlorures  : en bordure littorale, leur présence dans les nappes est due aux forages défectueux ou abandonnés qui mettent en relation des nappes saumâtres proches de la surface avec les nappes profondes captées pour l’eau potable.
  • Nitrates  : les sources principales sont l’agriculture, le maraîchage notamment, ainsi que les eaux usées des communes et/ou des particuliers.

Les concentrations retrouvées ne dépassent qu’assez rarement les normes de qualité, mais soulignent que des nappes que l’on croyait naturellement bien protégées peuvent être polluées.

Certaines collectivités et certains agriculteurs s’engagent pour réduire ou supprimer leur utilisation de pesticides. Découvrez leurs actions !.

Vulnérabilité des nappes : l’impact des forages

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Schéma du phénomène d’inversion de drainance

A l’état naturel, les nappes pliocènes sont protégées par une couche d’argile imperméable. Toutefois, l’existence de nombreux forages mal réalisés, abandonnés ou captant plusieurs niveaux de nappes fragilisent la ressource  : ces ouvrages sont des vecteurs de pollution de la surface vers les nappes pliocènes.

Un autre phénomène accentue les pollutions : l’inversion de drainance. Il existe des échanges entre nappes quaternaires et pliocènes, dans un sens ou dans l’autre selon les secteurs (ce qu’on appelle « la drainance »). Sur le littoral, l’échange se fait des nappes pliocènes vers les nappes quaternaires, car les nappes profondes sont sous pression. Les nappes pliocènes sont donc naturellement protégées des pollutions.

Toutefois, lorsque les prélèvements sont importants sur les nappes pliocènes, en été notamment, le sens de la drainance s’inverse  : l’eau circule désormais des nappes quaternaires vers les nappes pliocènes. Il y a alors risque de pollution des nappes profondes. C’est ce phénomène qui entraîne notamment la pollution des nappes profondes par les chlorures (sel).

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